L’ancêtre (déjà pénible) des DRM
par Astrid Girardeau
DR
Quand on sait que, dans un autre siècle, Thomas Edison était accusé de piratage par l’industrie du concert, on se dit qu’il y aurait tout un historique du piratage et de la lutte contre le piratage à faire. Justement, cette semaine, Torrent Freak déterre le Lenslock, un ancêtre du DRM. Conçu il y a plus de vingt ans par John Frost pour ASAP Developments, ce système de protection contre la copie a été appliqué sur des jeux vidéo et des logiciels du début des années 80. Il s’agit en fait d’un petit appareil rectangulaire contenant une lentille et treize sillons, deux rangées de six et une au milieu, renvoyant la lumière dans divers angles. Chaque Lenslok fonctionnait uniquement pour le jeu ou logiciel avec lequel il était livré. Le développeur du jeu recevait un code Lenslok à insérer lors de la dernière mouture du programme.
Une fois le jeu acheté et lancé, au démarrage et/ou à certains points du jeu, le joueur voyait s’afficher à l’écran un code illisible de deux lettres. Pour commencer ou continuer à sa partie, le joueur devait saisir le code, uniquement déchiffrable à l’aide du Lenslock. Certains étaient limités à trois essais, d’autres à six. Avant de commencer, pour pouvoir lire correctement l’image, l’utilisateur devant suivre le mode d’emploi et paramétrer d’abord la taille de la fenêtre du Lenslok, puis celle de l’écran du téléviseur ou de l’ordinateur jusqu’à qu’il puisse lire les lettres « OK » à travers l’engin.
Une complexité d’utilisation qui a naturellement provoqué la colère de tous les utilisateurs « légaux ». Un peu comme nos actuels DRM. De plus, l’histoire veut que cinq cents joueurs d’Elite, dont la version pour ZX Spectrum (1985) a servi de cobaye au Lenslok, auraient reçu un mauvais produit. On les imagine passant des heures à essayer de mettre en marche leur jeu d’exploration spatiale. Pourtant le co-éditeur du jeu, Telecomsoft, y croyait : « nous sommes très heureux d’être la première maison d’édition à utiliser Lenslok. Ca fait un moment qu’on pense à lutter contre le piratage et Lenslok permettait de na pas avoir à redefinir constamment le système de production des disques et des cassettes. » Si Elite fut le premier (et le plus célèbre) jeu vidéo à être protégé par ce proto-DRM, on le retrouve également sur une série de jeux et de logiciels tournant sur Atari, Commodore 64, Sinclair ZX Spectrum, Sinclair QL et Amstrad CPC : de Level 9 Computing (The Price of Magik, Jewels of Darkness), Telecomsoft , Rainbird OCP Art Studio ou Digital Integration (Fighter Pilot, Tomahawk, TT Racer).
DR
DR
Il y a 0 réaction à cet article.
Lire les réactions.Réagir à cet article.
Partager cet article
Sur les mêmes thèmes:
DRM - ACTA : le gouvernement français reste muet, l’Europe se rebelle
Actualit
Lib.fr
- Elections en Irak: le Premier ministre, devancé, réclame un nouveau décompte
- Ban Ki-moon: le blocus israélien à Gaza cause «des souffrances inacceptables»
- ETA «disposé à avancer sur le chemin du changement politique»
- Cammas et «Groupama 3» nouveaux détenteurs du Trophée Jules-Verne
- Acquitté, Viguier demande maintenant «réparation»

