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Chantal Brunel

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mercredi 13 mai 2009 18:10

  • cinéma

Films au pair sur la Croisette

Deux philippins, deux Alain, un Quentin, un Canto... La sélection des duos qui feront (peut-être) le festival cette année.

par Bruno Icher, Gérard Lefort

tag : Festival de Cannes

Inglourious Basterds - DR

Eric et Johnny

Soit Cantona, légende vivante du foot, et Hallyday, rock star. Tous deux en compétition officielle. Le premier dans Looking for Eric, de Ken Loach (« I’m not a man, I’m Cantona », réplique déjà culte)  ; le second dans Vengeance, de ­Johnnie To. Espérons que Canto a peaufiné pour Cannes un de ses fameux aphorismes (genre  : « La palme dort, mais ça n’empêche pas la sardine de nager. ») et que ­Johnny, en interlude de sa soixantième dernière tournée d’adieux, allumera le feu aux marches du Palais. Mais pas trop quand même Jojo, l’odeur de merguez cramées n’est pas du tout la fragrance cannoise dominante.

Looking for Eric - DR

Quentin et Francis Ford

Un des piliers de la Croisette, Quentin Tarantino, a fait le voyage avec son vieux projet ­Inglourious Basterds, histoire d’une bande de soldats juifs chargés de terroriser les troupes nazies en scalpant leurs ­adversaires. Ça promet. Plus surprenant et largement aussi excitant, le grand retour de Francis Ford Coppola, ­accueilli en ouverture de la Quinzaine avec Tetro. La palme d’or 1979 (Apocalypse Now) ne cache pas sa jubilation de figurer dans une sélection plutôt réservée aux jeunes cinéastes.

Sinon, on aura remarqué – mis à part Up, un dessin animé 3D en ouverture du festival ce soir – la surabsence de films américains tous azimuts. La faute à la grève des scénaristes holly­woodiens, argue le directeur du festival, Thierry Frémaux. Mouais…

Bahman et Elia

Bahman Ghobadi est kurde iranien. Elia Suleiman est palestinien d’Israël, né à Nazareth. Tous deux filment un Orient si proche-si loin, jamais moyen. ­Suleiman (The Time That Remains, en compétition officielle) se soucie de son père, de la création d’Israël (1948) à nos jours. Ghobadi (On ne sait rien des chats persans) explore le monde nécessairement underground du rock à Téhéran. Présenté en ouverture d’Un certain regard, le film de Ghobadi sera, juré-parié, le premier électrochoc du festival.

Brillante, Adolfo et Raya

Après nous avoir emballés l’an dernier en ce même festival avec Serbis, chronique d’un cinéma porno, le suractif réalisateur philippin Brillante ­Mendoza (6 films en quatre ans) revient cette année avec ­Kinatay, qu’on annonce sombre et désespéré : un jeune homme cherche de l’argent pour se marier, il accepte un boulot à hauts risques où il devra, entre autres, commettre un meurtre. Sur le papier, ça ressemble à du Goodis. Mais on peut faire confiance à Mendoza pour ne pas faire ce qui est sur le papier. Les Philippines seront tout aussi fortement représentées par Manila, (séance spéciale) des jeunes Adolfo Alix Jr. et Raya Martin, qui s’attache au destin de William, un drogué tentant de se reconnecter avec le réel.

Lou et Hirokazu

Comment ça va l’Asie (suite)  ? Pas très fort. Le Chinois Lou Ye, déjà présent en 2006 avec Une jeunesse chinoise, évocation du mouvement de Tiananmen (qui lui valut cinq ans d’interdiction de filmer en Chine), revient en compétition avec Nuits d’ivresse printanière, tourné clandestinement à Nanjing avant d’être monté en France. De nouveau, les autorités chinoises vont adorer, puisque le film traite d’une relation ­homosexuelle.

Tout aussi emmerdeur, le Japonais Hirokazu Kore-Eda invente dans Air Doll (Un certain regard) la « vie » d’une poupée gonflable, tellement gonflée qu’elle devient humaine.

Ewan et Jim

Ewan McGregor et Jim Carey se roulant des pelles dans I Love You Phillip Morris, de Glenn ­Ficarra et John Requera, film « outrageant » dont aucun distributeur américain n’a voulu (le film ne sort qu’en DVD aux Etats-Unis) malgré la présence de deux stars mondiales. Le jour de sa projection à la ­Quinzaine des réalisateurs sera décrétée GéPéDé (Gay Pride Day). Ambiance folle garantie.

I Love You Phillip Morris - DR

Alain et Alain

Resnais, né en juin 1922, est l’aîné de Cavalier, né en septembre 1931. Mais ces deux « vieux », avec les Herbes folles (Resnais) en compétition et Irène (Cavalier) à Un certain ­regard, devraient démontrer que le cinéma, libre comme l’air, fantaisiste, aventurier, est un éternel adolescent.

Bidule et Machin

Autrement dit, et c’est pas dommage, la palanquée de films, de réalisateurs et d’acteurs dont on ne sait absolument rien et dont on attend tout.

Publié dans Libération du 13 mai 2009


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