Ecrans, un site de Libération.fr

Dixit

Il faudra un jour faire un Copenhague de l’internet, qu’on convoque les FAI, pour qu’ils ferment l’accès à ces sites, et on règlerait accessoirement le problème de la création artistique.

Chantal Brunel

  • Home
  • Internet
  • Télévision
  • Cinéma
  • Dvd
  • Jeux
  • Téléphone
  • Forums
  • Rss

lundi 1er février 2010 15:47

  • dvd

Burnes in the usa

par Gilles Renault

tag : sexe

Debbie does Dallas - DR

Debbie Does Dallas de Jim Clark (1978) avec Bambi Woods, Merle Michaels
et Coed Fever de Robert McCallum (1980), avec Annette Haven et Vanessa Del Rio, Wild Side Vidéo
19,95 euros l’unité
Sortie le 03/02.

Septuagénaire bien mise, Juliet Anderson en glousse encore lorsqu’elle raconte comment, découvrant sur un plateau de tournage la conjugaison au féminin pluriel des plaisirs du sexe, les techniciens avaient quasiment dû la ceinturer pour interrompre un cunnilinctus qui, à leur goût, n’en finissait pas. Son témoignage figure dans les bonus de Coed Fever (Fièvre au lycée), premier extrait - avec Debbie Does Dallas (Dallas lolitas) -, des vingt films de la collection « l’Age d’or du X américain » qui, à raison de deux livraisons bimestrielles, permettront de se (re)plonger également dans les Devil in Miss Jones, Insatiable, Desires within Young Girls, Little Girls Blue ou Deep Rub d’antan.

Par « âge d’or », on entend ici une période faste, du début des années 70 au début des années 80, durant laquelle le créneau, boosté par les centaines de millions de dollars de bénéfices des Xanadu old school de la turgescence que furent Gorge profonde et Derrière la porte verte, s’émancipe en une floraison de productions léchées - si on peut dire : tournages en 35 mm, personnel compétent (c’est par exemple Gary Graver, chef op tardif d’Orson Welles, qui alignera plus de cent pornos, dont Coed Fever ou The Ecstasy Girls, sous le pseudo de Robert McCallum), volonté gentiment insolente d’émancipation… Les tournages coûtent alors plusieurs dizaines de milliers de dollars et l’ex-étalon Mike Horner, qui avait jadis répondu à une petite annonce stipulant« horaires attractifs et bonne rémunération », se souvient de parties de jambes en l’air avec pas moins de « vingt ou trente personnes derrière la caméra ».

Les films possèdent même un semblant d’histoire qui, avec le recul (comment veux-tu, comment veux-tu …), ne vaut certes pas tripette - en général des jeunesses dévergondées qui en font voir de toutes les couleurs à des hommes aussi casés que libidineux - mais témoigne d’un enjouement synonyme d’ardeur chez les hardeuses et leurs partenaires.

A l’époque, les filles ont encore des poils (beaucoup, parfois), les garçons ne sont pas obligatoirement montés comme des ânes, la sodomie n’est pas inéluctable et tout le monde (comme le raconte Mike Horner ébahi d’avoir vécu sa première pipe sur un plateau) semble s’en payer une bonne tranche. Puis surviendront l’industrialisation du secteur, le diktat économique de la vidéo, la silicone, les années sida…

Paru dans Libération du 30 janvier 2010


Il y a 0 réaction à cet article.

Lire les réactions.
Réagir à cet article.

Partager cet article

[Facebook] [Google] [del.icio.us] [Twitter]

Twitter Ecrans Facebook Ecrans

Sur les mêmes thèmes:

sexe - « Si M6 a décidé de déprogrammer son téléfilm érotique, c’est parce qu’avec la télé-réalité, elle peut diffuser le même genre d’images »

article précédent
Il pleut
article suivant
Trailer est-il ? Army of Wolves, The Door, Détour...


 

Outils

  • imprimer
  • écrire à Gilles Renault
  • réactions (0)
  • [Facebook] [Google] [del.icio.us] [Twitter]

Actualit

  • Paroles de schizophrènes
  • Google et Microsoft dressent la tablette
  • Les voies de Niemann sont impayables
  • ACTA : le gouvernement français reste muet, l’Europe se rebelle
  • Comment j’ai rencontré votre mère, au bureau, c’était d’abord mission impossible, puis un Big Bang (de lucioles), et enfin marié deux enfants

Lib.fr

  • Avions ravitailleurs: EADS prêt à revenir dans la course
  • 15 à 20 ans requis contre Viguier... ou un peu moins
  • David Douillet: «Il faut exclure le PSG de la Coupe de France»
  • Danse: un Lion d’or pour William Forsythe
  • Amendes requises au procès des Déboulonneurs
publicité
Chronophages

OPINIONS

Cédric Manara

La justice est aveugle… mais pas pour les vidéos en ligne

Tribune Ces images sont insupportables. Elles montrent un homme à casquette tirant à bout portant sur un autre homme. Celui-ci s’effondre, et l’autre tire encore, pour l’achever...

DOSSIERS

De l’encre à l’écran

Et couic !

Le pari des jeux d’argent en ligne

Séries : Y’a plus d’saisons

Une info citoyenne ?

Halte aux spams

Rire en jaune avec les Simpson

Playstation 3 : la fin de la domination

Séries : un temps de mi-saison

Web 2.0 : gare à vos traces

Téléphones portables : la création se mobilise

Menez une double vie avec « Second Life »

Où va se nicher le porno

La musique hors limite

Le téléphone fait du cinéma

Vidéo à la demande : faites votre programme télé

fiction télé : la révolution française



accueil | internet | télévision | cinéma | DVD | jeux | téléphone
contacts | licence | mentions légales | données personnelles | charte d’édition
engine SPIP | powered by carburant
© Libération- un site de Libération Network - 2006 - 2008